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Guitariste
de circonstance, sans doute ; guitariste « tout terrain
» si l’on peut dire
mais, lui, homme de talent. Sans doute la guitare l’a
d’abord intimidé avant
qu’il n’ose en épouser le galbe ; en
prospecter les licences ; s’en apprivoiser
les réticences et se l’acoquiner. Là
où les prétentieux ambitionnaient de
«s’accompagner » c’est lui qui
l’a accompagnée, qui l’a
conviée à ses
rendez-vous. Elle s’y est rendue. Ne l’a pas
regretté. Affaire de doigté ?
Surtout parce qu’il lui a proposé des friandises
par lui concoctées, friandises
harmonieusement gustatives. Car il est un chanteur «
à textes ». Et une voix
qui peut exciper de quatre octaves !
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Ces
textes, se sont les siens. Parfois profus, c’est vrai, parce
que trop riches,
trop sincères, trop « habités pour
qu’il consente à les élaguer ; pour
leur
concéder ces « respirations
–commerciales- que requiert la chanson ; ne
serait-ce que pour se mettre à la portée de
public. De plus ces textes
n’échappent pas à la suspicion
–sinon à l’anathème-
de…poétique. Malédiction :
trop raffinés – et flamboyants parfois- au point
qu’on s’interroge si, pour
lui, l’écriture ne prime pas le chant.
Il sait Villon, Baudelaire, Aragon, Apollinaire. Pas
moins… et « La chanson
du mal aimé », bien sûr. Non par
maniérisme : par exigence de qualité. Pas
aisé, il est vrai de transiger entre rhétorique
et simplicité, d’être, à la
fois : « Le barde, le troubadour d’Emyad, Le
chantre aux mille ballades…
Qui sait si
l’œuvre chantée et
l’œuvre écrite d’Aymeric
Jullien n’entrent
pas en conflit ? Deux aspirations, deux inspirations contradictoires,
celle du
« rêveur de mots » et celle
du... "ménestrel"
« Né trop
tard » dans un monde délité, Aymeric
Jullien trouvera sans doute son écoute.
Mais pour quels convives ? Pour quels conviés ? Double
tentation –antagonistes- : l’auditoire ou
… l’audience ? Concèdera-t-il ?
Abjurera-t-il ?
Extraits d'un article
d'Anne
Höffel
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